Histoire d'un ornement de toiture.

La Thiérache, pays des églises fortifiées ?

Il y a peut-être aussi une autre caractéristique des constructions en Thiérache : le nombre des girouettes qui ornent les toitures...

 

L'usage de mettre une girouette sur le faîtage du toit d'un bâtiment, habitation ou édifices divers, semble provenir du fait que la prise de possession d'un fief se concrétisait par la pose d'une bannière : morceau d'étoffe carré ou à queue et à pennons, que l'on attache au haut d'une lance ou d'une pique.

 

Au moyen-âge, les girouettes étaient un signe de noblesse, et seuls gentoihommes et nobles en avaient le droit. Tout comme le pigeonnier : seule la noblesse avait le "droit" d'en posséder... Pour les simples chevaliers, les girouettes étaient à pointes, comme des pennons. Pour les chevaliers bannerets, elles avaient la forme carrée des bannières.

Plus tard, les jurys consultes du XVII° siècle discutèrent si le droit de surmonter le pignon de sa maison était une prérogative nobiliaire. Le parlement de Grenoble décida, en 1659, que la maison du vassal pouvait elle aussi être surmontée d'une girouette.

 

Longtemps, la Thiérache, pays de frontière régulièrement envahi, échappa quelque peu au pouvoirs féodaux. Le caractère indépendant du Thiérachien, poussait aussi dans ce sens. Alors, de là à penser que la prolifération des girouettes sur les toits des Thiérachiens était une forme de manifestation de son émancipation du pouvoir du seigneur, il n'y a qu'un pas. Même chose au sujet des porches-pigeonniers !

 

Autre étonnement : si vous comparez l'aire de répartition des girouettes à celle des signes muraux en briques vitrifiées... Ces deux aires de répartition coïncident !

 

Quant à moi, je me contente d'en faire un ornement d'un toit, qui me permet de prédire le temps qu'il risque de faire, dans les heures qui seuvent, en regardant d'où vient le vent !

 

JMG