Montcornet

L’église de Montcornet, datant du XIIIème, a été remaniée et fortifiée au XVIème et XVIIème siècle. Cependant, la question peut se poser du véritable but de la construction de ces tours et échauguettes... Etait-ce vraiment à des fins militaires, ou cela révêtait-il un aspect décoratif ? En effet, ces éléments de fortification font preuve d’une richesse et d’une qualité de finition qui diffèrent des autres fortifications d’églises de Thiérache. Le clocher-donjon, qui abrite le porche de l’église est flanqué de deux tours cylindriques reliées entre-elles par une arcade. Ces deux tours ont des soubassements de pierre, surmontés de maçonnerie de briques, à décor losangé, et percées de meurtrières. Chaque angle du choeur et du transept porte une échauguette, soit six au total. Dans l’ensemble, les ouvertures de l’église sont de grandes dimensions, ce qui rend l’édifice difficile à défendre... Il y a là un antagonisme entre ces grandes ouvertures, et la présence de défenses militaires... Ce qui donne place à une fortification «de principe», de caractère aussi esthétique qu’opérationnel. Cependant, des meurtrières, placées à hauteur d’homme, figurent au bas du bras nord du transept. D’aucuns poussent l’analyse jusqu’à comparer cette église aux cathédrales du moyen-âge, qui sous certains aspects, étaient le reflet de la puissance (pouvoir et influence économique), de la ville. Les travaux furent certainement réalisés grâce aux subsides du cardinal Louis de Bourbon-Vendôme évêque de Laon de 1510 à 1556, année de sa mort. Christian CORVISIER, dans ses communications sur l’architecture des églises fortifiées (l’exemple de l’est de la Picardie», considère que ce «donjon occidental» à canonnières... est le seul de Thiérache qui soit l’oeuvre d’un architecte.
C’est la seule église de Thiérache qui soit citée dans le «Dictionnaire des églises de France», publié en 1973 aux éditions Arthaud.
La clôture de choeur, en fer forgé, est constituée de huit travées. Les deux centrales forment battant. Elle est peinte en noir, avec certains des éléments de décor en faux or. Les fonds baptismaux sont composés de plusieurs éléments en fonte assemblés au moyen de vis et de cordons de soudure. La base, en forme de deux étoiles superposées, est surmontée d’un pied circulaire formé de quatre colonnettes. La cuve baptismale présente deux compartiments sans trou d’évacuation. Le pied, la cuve et le couvercle sont ornés de décor en relief représentant des motifs végétaux.    
Un ensemble de soixante bancs est constitué d’autant de travées au nombre différent de places. Les plus grands (au nombre de treize) pouvaient accueillir seize personnes, le plus souvent près de dix places, certains seulement trois. Ces bancs, en chêne, ont tous gardé leurs dosserets à panneaux rectangulaires.
Le buffet d’orgue remonte au XVIIème, XVIIIème ; la chaire à prêcher du XVIIIème. Les lambris de revêtement des murs sont plus récents.