Cuiry-les-Iviers

Eglise fortifiée saint-Martin. Comme beaucoup en Thiérache, elle est construite de briques et date des XVIème et XVIIème. Le choeur (qui est plus haut que la nef) est à chevet plat, flanqué de deux tours circulaires. Un  clocher, tour de défense est coiffé d’un clocheton. Ce clocheton pourrait être d’inspiration flamande. Des meurtrières bordées de pierres blanches existent à hauteur d’homme, dans les murs, et protègent la porte.
A voir dans l’église : l’ensemble des bancs date du XVIIème siècle. L’église contient également des exemples caractéristiques du mobilier religieux picard et de la France du Nord du XVIIème siècle, ils ont tous été, à des degrés divers, restaurés ou complétés au cours des XIXème et XXème siècles.
Le confessionnal à trois loges et sa plate-forme sont de plan trapézoïdal. A élévation droite, le fronton couronnant la loge centrale est cintré à lunette. La porte de la loge centrale est ornée d’un décor en relief ajouré et découpé, la corniche d’un décor en relief dans la masse, le fronton cintré d’un décor rapporté en relief. L’ensemble est peint faux bois. La porte est ornée des clés de saint-Pierre dans une couronne de laurier, encadrée de palmes. La corniche comporte une frise denticulée, le fronton un IHS dans une nuée rayonnante. Ce confessionnal date du milieu du XIXème siècle, il peut être rapproché d’oeuvres similaires conservées dans d’ autres églises paroissiales thiérachiennes, dont celle de Coingt, qui date des années 1850. Il a probablement été réalisé par un menuisier local actif en Thiérache au cours du XIXème siècle.
A voir également, une armoire, en chêne, est à petit cadre élégi. A quatre pieds et un seul corps, elle possède deux battants, chacun comportant deux panneaux superposés, un panneau supérieur chantourné, un panneau inférieur droit. Les montants latéraux comportent chacun trois panneaux droits. La partie latérale des battants est rainurée. Les garnitures sont en fer forgé ajouré. L’ armoire a perdu sa corniche, les battants sont troués, le pied droit est cassé dans sa partie inférieure. Cette armoire pourrait dater du XVIIIème siècle, cependant la permanence des formes dans le mobilier vernaculaire thiérachien et picard est si grande que l’oeuvre pourrait avoir été exécutée par un menuisier local à une date plus tardive. Il s’agit d’un exemple caractéristique du mobilier civil picard, avec l’emploi et l’utilisation décorative de panneaux chantournés sans autre décor végétal ou figuratif.