Autreppes

Eglise fortifiée saint-Hilaire, du second quart du XVIIème (1632), et de la seconde moitié du XIXème. Le pignon du logis porte la date de 1804 et les initiales des noms et prénoms des maîtres de l’ouvrage (FZ / IR). Les parties constituantes en partie ruinées datent à priori de la seconde moitié du XIXème siècle.
Le plan général de cette église est en croix latine. L’édifice est constitué de l’ église proprement dite et d’ un donjon carré à 4 niveaux faisant office de salle forte, de porche et de clocher. Le donjon est flanqué de deux tourelles d’angle de plan circulaire. Un escalier à vis aménagé dans la tourelle sud dessert la salle forte placée au premier étage. Le transept et le choeur, autrefois couverts d’une fausse voûte en berceau brisé, sont aujourd’ hui plafonnés. Le donjon est couvert d’un toit en pavillon surmonté d’une flèche de plan carré. Les deux tourelles sont coiffées d’une flèche polygonale à huit pans irréguliers. La nef et le choeur sont couverts d’un toit à longs pans. Le chevet plat du choeur présente un pignon découvert. Le transept est couvert d’un toit à deux pans et laisse apparaître un premier pignon découvert au sud et un second couvert au nord. Divers motifs en briques vitrifiées viennent décorer l’ensemble de l’ édifice : trois coeurs, huit losanges, un ensemble de rayures obliques. Deux longs corbeaux de pierre, destinés autrefois à recevoir un mâchicoulis en bois, sont situés entre deux fenêtres étroites touchant la corniche.
Au dessus du porche, on notera deux petites pièces (3m x 3,5 m). Elles étaient séparées par un plancher dont on peut encore voir la trace des poutres. Une des tours latérales sert d’escalier d’accès au donjon. Celui-ci est encastré dans la nef.
A l’intérieur, un vitrail réalisé après 1892 d’après la peinture sur toile de Ary Scheffer, saint Augustin et sa mère Monique, peinture datée de 1855 et conservée au Musée du Louvre. La réalisation du vitrail remonte vraisemblablement à la fin du XIXème. Beaucoup plus tard, les demoiselles de Troeyer (atelier de maîtres verriers à Reims) sont contactées par la commune, en 1945, pour exécuter de nouveaux vitraux en remplacement de ceux détruits lors du bombardement allemand du pont sur l’Oise le 1er septembre 1944. Financés par le paiement des dommages de guerre, ils ne sont réalisés qu’en 1961. Les trois verrières constituant le triplet du choeur reprennent l’iconographie des anciens vitraux exécutés vers 1874 par l’atelier Gesta de Toulouse, à savoir : la Trinité, saint-Pierre et saint-Paul. On peut également voir une croix reliquaire, commandée au chapitre de l’église collégiale Saint-Hilaire le Grand de Poitiers sur la demande du curé et des paroissiens de l’église Saint-Hilaire d’Autreppes. Elle a été livrée avec trois esquilles tirées des ossements du saint en octobre 1758. A voir également : un tableau, qui est une copie française ou italienne du tableau de Luca Giordano peint entre 1670 et 1674 pour l’église vénitienne de Santa Maria della Salute. Il s’agit d’une copie ancienne de la fin du 17ème siècle ou du début du 18ème siècle. L’original a été diffusé très rapidement par la gravure dès 1674. La tradition locale voudrait que ce tableau ait appartenu à l’abbaye de Saint-Denis et qu’il ait été donné au curé Demarle d’Autreppes à la fin du 18ème siècle. L’église Notre-Dame de Vervins possède un tableau de même format reprenant une oeuvre de Pierre de Cortone «Daniel dans la fosse aux lions». Il s’agit selon toute vraisemblance du même copiste. Le tableau d’ Autreppes a été restauré en 1995 par Christian Vibert de l’Atelier de la Renaissance à Reims.Un autre tableau : l’ Assomption, représentant la Vierge : en pied, de face; le Saint Esprit (une colombe) ; Dieu le Père ; un ange ; une nuée ; une ville,
doit être attribué à une école flamande et remonte à la limite entre le XVIème siècle et le XVIIème siècle. Il s’agit soit d’un original de la seconde moitié du XVIème siècle, soit d’une copie de la fin du XVIème siècle ou début 17ème siècle dont l’original n’a pas été identifié, datant de la seconde moitié du XVIème siècle. Le tableau aurait été restauré et réparé en 1865 par le peintre Rigaud. Suite au percement du triplet du choeur en 1874, le retable et le tableau du maître-autel sont déplacés en mars 1875 dans le bras sud du transept. Lors de ce transfert le retable est transformé et reçoit sa décoration actuelle. Le tableau a été épargné par ces transformations.