Aubenton

Eglise Notre-Dame dite «le Moustier d’Aubenton». Sa consruction remonte à 1044, date qui était gravée en haut de la voute de Notre-Dame. En 1176, elle est cédée à saint-Vincent de Laon. Elle a donc été achevée avant cette date. Le nom de «moustier» signifie qu’elle était le refuge des habitants.
Il faut dire qu’au moyen-âge, Aubenton était une ville particulièrement riche, au commerce et à l’artisanat particulièrement florisant. Jean Froissart, dans ses chroniques, raconte :
«Cette ville était autrefois fort commerçante en étoffes et en vins pour la Flandre. Les caves d’une hauteur et d’une étendue considérable qui s’y trouvent en font foi. Elles sont, certaines, d’une élévation à pouvoir y tourner une voiture à foin, ayant les voûtes coordonnées de quatre à huit mètres de hauteur, faites de carreaux de pierre de taille....
...Des portes de communication en fer prouveraient que les caves servaient aussi de casemates et de retraite aux habitants dans les temps de guerre, et que l’on s’y défendit. Elles étaient reliées entre elles par des couloirs formant un réseau de circulation. L’église Notre-Dame en est le centre et y convergent toutes les issues...
... Il y avait une vingtaine de caves sur deux, voire trois niveaux. Elles comportent de vastes salles de vingt-cinq à trente mètres carrés avec une cheminée d’aération. Chaque cave a un puits ou, comme à l’hôtel de ville un réservoir creusé dans le tuf.»
La ville d’Aubenton était elle même fortifiée, entourée d’un rempart, muni de tours, comme en atteste une miniature de l’époque. Deux des tours de cette enceinte subsistent encore aujourd’hui, la tour de Chimay et la tour Daniel. (voir le châpitre relatif aux fortifications diverses (fermes, moulins, châteaux...).
L’église comporte un portail roman du XIIIème, qui est très remarqué. Il comporte des sculptures représentant des animaux.
C’est un donjon carré de pierre blanche du XIVème, qui lui permet de revendiquer le titre d’église fortifiée. Ce donjon était certainement le reflet de la grandeur de la ville, très prospère à cause de ses tapisseries et d’un commerce florissant. On notera dailleurs à cette époque, un important «grenier à sel» dans la ville.  Ce donjon devait également servir de poste de guet. On accède au premier étage du donjon par un escalier à vis contenu dans une tour mince, accolée à un angle extérieur du donjon, et qui joue également le rôle de contrefort.  L’ensemble militaire de défense était complété par un réseau de souterrains qui se développaient en étoile depuis l’église, et qui permettaient de circuler et de se rendre en différents points sensibles de la ville, alors fortifiée, voire même d’aboutir à des points extérieurs à la ville. Ces souterrains comportaient également de grandes salles, qui permettaient d’y cacher des récoltes entières. Dans la tour, un plancher intermédiaire a vraisemblablement disparu, car de grosses meurtrières sont disposées sur deux niveaux différents, donc vraisemblablement au-dessus et en-dessous de ce plancher.
Un plafond peint du XVIIème, commandé et exécuté aux frais de Mademoiselle de Guise, un orgue duXVIIIème, provenant de l’ancienne abbaye de Bucilly, sont également à voir.
Deux verrières, dédicacées et signées, ont été exécutées à l’occasion d’une mission d’évangélisation intervenue en 1956, par un peintre-verrier hollandais Jan Everts. Il semble que ce peintre-verrier soit peu connu. C’était certainement un ami de Louis Versluys, curé d’Aubenton, lui-même d’origine hollandaise, comme l’était aussi Charles Eyck qui réalisera à partir de 1969 les verrières de la nef.
Un autre ensemble de verrières, de style art déco, a été réalisé par l’atelier rémois des Demoiselles De Troeyer.